Salux !
J’ai depuis un certain temps la désagréable impression que le Parti Pirate tourne façon parti de gauche contestataire ; or on sait que ce genre de partis est voué à l’échec (le NPA en est un exemple cuisant).
Je propose donc ce court billet (qui est plus un début de piste de brouillon de réflexion qu’autre chose) car je considère que la mentalité hacker et pirate est applicable à la politique, et qu’au contraire d’une logique contestataire gauchiste c’est la liberté qui doit primer.
Surtout, chose qui me désole, c’est qu’avec HADOPI nous nous sommes battus à corps et à cris pour que l’État laisse internet tranquille et que la régulation du marché de l’industrie du divertissement se fasse par elle-même. Si ça, ce n’est pas du libéralise pur et simple…
For Teh Lulz

Déjà, premier point et pierre angulaire de la pensée hacker (et chose royalement délaissée au passage), l’humour inhérent à ce mouvement. Vous pouvez venir avec les idées et les réflexions les plus sérieuses du monde, si vous n’acceptez pas la dénomination « pirate » et le folklore qui l’entoure, peut-être n’avez vous pas grand chose à y faire.
Ce qui explique les dénominations de certaines parties du forum de type « Tortuga » ou autres. Cette humour *doit* rester omniprésent, même dans les meetings, même dans la communication officielle (les affiches du PPde étaient formidables de ce point de vue), sinon nous ne serons qu’un parti de cravates comme un autre.
Et, personnellement, s’il n’y avait pas cet humour (finir l’apéro pirate moitié bourrés devant un film de zombies à 3h du mat), je n’y serai pas.
Do what you do ’cause a pirate lives free
Nous arrivons au point central : à chaque ajout dans le programme, chaque chapitre abordé doit répondre à cette supposition : Un pirate fait ce qu’il veut parce qu’il est libre.
Dialectique du hacker
J’ai notamment repéré deux acronymes très courants dans le logiciel libre et l’univers hacker, qui m’ont aidé à poser cette base de réflexion.
- KISS (Keep It Simple, Stupid) : quand deux solutions sont présentées, toujours prendre la plus simple. Quand on voit la complexité des institutions actuelles, on se dit que rien n’est moins impossible…
- DIY (Do It Yourself) : si ça ne n’est pas de la méritocratie je n’en veux pas !
Voyons un peu quels angles d’approche peuvent être pris sur ces sujets :
Emploi/chômage
Première question posée aux politiques lors d’interview, à laquelle ils sont bien embêtés pour répondre. Et pour cause ! Les politiques ne sont pas à l’origine du chômage actuel et n’y peuvent rien. Inutile de demander à De Montebourg d’intervenir là où il ne peut que croiser les bras et regarder le navire sombrer.
Seul angle d’attaque possible : réduire/faire sauter le SMIC ou taper dans les charges. Je doute que les syndicats apprécient.
Donc, pour le coup, DIY ! Faîtes un emprunt, montez une coopérative, changez d’orientation, reprenez une formation, une reconversion, peu importe, mais ne demandez pas à l’État de maintenir sous perfusion une usine qui n’est plus rentable. La politique, ce n’est pas que glisser un bulletin dans une urne, c’est chaque acte que nous accomplissons. En ce sens, le Parti Pirate peut soutenir des initiatives (comme il le fait avec le Logiciel Libre), mais il ne peut en aucun cas amener dans son programme politique une solution toute faite ou l’État-providence s’occuperait de tout.
PS : et le premier qui me sort le RdB comme remède, je lui colle un coup de tromblon dans son gauchisme.
Fiscalité

J’avoue, je ne suis pas fiscaliste. Mais quand je mets le nez dedans, ma tronche ressemble à ça :
Imaginez alors un seul instant un geek (moi ?) à qui l’on confie le dossier de la fiscalité : il écrirait un programme d’une simplicité déconcertante du type :
imposition = totaux revenus * taux unique
Vous m’avez bien lu. Un taux unique. Une flat tax. En terme de temps processeurs fonctionnaires, l’économie est flagrante ! Et en matière de justice fiscale, le premier qui me dit que ce système n’est pas juste me fera une dissertation en quatre pages pour m’expliquer en quoi l’actuel serait plus juste.
Ça signifie faire aussi un ménage titanesque dans les niches fiscales et autres cadeaux électoraux accordés depuis trop longtemps. Je sais, c’est pas vendeur comme programme, mais il faut bien y passer.
Disparition Décentralisation de l’État
Nous les geeks n’aimons pas tout ce qui est centralisé. Du tout.
Au contraire : on aime bien les petites communautés indépendantes qui fonctionnent chacune avec leurs spécificités. Il faut donner plus de moyens et plus de pouvoirs aux collectivités, car s’il est difficile d’obtenir un consensus à échelle nationale il est bien plus aisé de laisser chaque ville fonctionner selon le bon vouloir de ses habitants. Les décisions seront bien plus rapides à prendre et bien plus adaptées au contexte local.
… et l’industrie du divertissement ?
Je ne peux pas faire un tel billet sans parler d’Universal et compagnie. Après la guerre faite aux internautes, croyez-moi, je prendrais un malin plaisir à décortiquer ce cartel et à en pointer toutes les interventions de l’État pour les sucrer. Oui, l’industrie du divertissement doit se séparer du biberon étatiste et se financer seule.
Cannabis ? Mariage gay ?
Ce sont des débats qui ont déjà eu lieu en interne, je le sais, et les membres les ont acceptés dans le programme compatible, mais je souhaitais revenir sur ces points pour appuyer leur légitimité dans notre programme.
Ce sont aussi des portes ouvertes vers d’autres débats ! Pourquoi ne pas parler bioéthique ? J’ai toujours affiché un attachement personnel à la légalisation de la GPA, pourquoi ne pas ressortir ce débat ?
En bref,
Ce n’étaient, comme je l’ai dit, que des ébauches de pistes de réflexion, mais je pense que le manque de popularité du PPfr vient surtout de son étatisme impérial dans le programme (et qui bizarrement se ressent aussi dans l’omniprésence du CAP).
Des partis contestataires, il y en a, des partis étatistes, il n’y a quasiment que ça. Et si nous parlions liberté, pour changer ?
Le Manchot Enragé